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LA POLLUTION LUMINEUSE ET SES IMPACTS

Durant la semaine de la Science, organisée du 9 au 14 octobre dans les Hautes-Pyrénées, Léa Salmon-Legagneur a sensibilisé les gens aux pollutions lumineuses, méconnues mais aussi préjudiciables que les autres.

À l’heure où l’on noircit de plus en plus de pages sur les pollutions atmosphériques et des sols, celle de la nuit par nos lumières a peu souvent voix au chapitre. Pourtant, ses effets sont tout aussi néfastes. «La pollution lumineuse est nuisible à l’astronomie, aux espèces nocturnes mais surtout, dénote une dépense énergétique folle», lâche Léa Salmon-Legagneur, en préambule. Membre de l’association Sciences en Bigorre, elle est aussi chargée de mission Rice, pour Réserve internationale de ciel étoilé.

Depuis 2013, la voûte céleste au-dessus du pic du Midi a reçu ce label, décerné par une association américaine, afin de souligner sa qualité. Mais sur quels critères ? «Nous avons effectué un état des lieux des éclairages publics dans les alentours, puis présenté un plan de sensibilisation et d’action pour qu’ils soient plus discrets, reprend Léa Salmon-Legagneur. Notre objectif est que les lampadaires des villes et villages continuent d’être utiles aux hommes, sans nuire aux autres. Pour cela, ils doivent être moins puissants, pour que la lumière projetée au sol soit moins importante, voire intégrer des capteurs de mouvements pour déclencher l’allumage.» Résultat, 3.500 points lumineux rénovés dans les 251 communes des Hautes-Pyrénées englobées dans la zone tampon de la Rice lors des quatre dernières années. Un travail mené de concert avec le SDE 65 (Syndicat départemental d’énergie), le Syndicat mixte du pic du Midi et le Parc national des Pyrénées. Ce qui n’est pas de trop, quand il s’agit de convaincre des maires parfois réticents. «Au début, ils voient seulement ça comme une lourde dépense, explique Léa Salmon-Legagneur. Il faut leur montrer qu’avec les économies d’énergie qu’ils feront, il y aura un fort retour sur investissement.»

Face aux autres personnes sensibilisées, le plaidoyer contre ces lumières excessives est plus facile à tenir, selon la chargée de mission. «C’est souvent une découverte pour eux, ils n’ont pas conscience de ce problème et de ses impacts. Or, depuis le début, il existe le jour et la nuit. Et l’humain tente de faire durer le jour plus longtemps de manière artificielle. Ce n’est pas naturel et ça crée un déséquilibre. Quand ils se rendent compte de ça, il y a une prise de conscience.»

Il faudra qu’elle progresse pour que le Rice puisse «reconnecter des espaces sombres, afin de préserver les voies de déplacement des espèces» et que les résultats des SQM (Sky Quality Meter), appareils de mesure de la qualité du ciel confiés aux gardiens de refuge, «les gardiens de la nuit», ne virent pas au rouge.

Avec le noir, il ne fait pas toujours bon ménage…

LEA SALMON